Ursula Schaffner
UrsulaEn mai 1985 j'ai commencé l’aïkido à l'école d'aïkido de Bâle de Michele Quaranta. J'avais auparavant pratiqué toutes sortes de sport, allant de la gymnastique au handball, en passant par la course de fond. Mais ce n’est qu’avec l’aïkido que j'ai trouvé ce lien spécial de défi physique sur un fond de miroir-image-rituel-philosophique. Ceci m’a fascinée dès le début et me remplit aujourd'hui encore de bonheur. A peine le virus de l’aïkido m'a-t-il frappé que je me suis entraînée autant que je le pouvais – c'est-à-dire approximativement douze heures par semaine. De plus, je me suis souvent déplacée pendant les week-ends et les vacances pour participer à divers stages. Durant l'été 85, après avoir commencé l’entraînement depuis trois mois, je suis allée avec d'autres aikidokas à un dojo au Brassus et j’ai vécu là-bas mes toutes premières impressions durables au contact d'un véritable maître japonais. C'était Tada Sensei, dont le charisme et Ki-Ai, combinés avec l'environnement merveilleux du Jura, m’ont laissé des traces inoubliables. Les années suivantes j’ai participé régulièrement à des stages donnés par Ikeda Sensei, de même qu’à des stages d’été en France méridionale avec Tamura et Yamada Sensei. En plus, j’ai suivi les cours d’armes de Tiki Shewan Sensei, à 6 heures du matin. Les maîtres importants que j’ai croisés alors furent Saito Sensei et Hosokawa Sensei.

J’ai rapidement eu l'occasion d'enseigner de façon régulière; d'abord à l'école Aïkido de Bâle, puis, après quelques années, à l’Aïkikai de Bâle. En raison de mon travail, j'étais vers la fin des années 90 de plus en plus souvent à Berne, et suis entré en contact avec l’alors naissant Birankai, et avec Chiba Sensei. Simultanément, j'ai rencontré Sensei Norberto Chiesa, Daniel Brunner et Chris Mooney, ce qui était particulièrement important pour moi. La manière de pratiquer l’aïkido dans les dojos et lors des stages du Birankai m'a ouvert de nouveaux horizons dans la compréhension, le contact physique, le mouvement et la philosophie de l'aïkido. La formation aux armes est une composante essentielle dans l'approche de l'aïkido du Birankai, et ceci m'a encouragée à rejoindre ce mouvement. Finalement, le contact croissant avec Daniel Brunner et son dojo m'ont amené à commencer la pratique de l'iaïdo.

Juste un petit point négatif: où sont les femmes? Ceci me préoccupe et m’interpelle, non seulement en ce qui concerne l’aïkido, mais également dans ma vie professionnelle. Ceci restera probablement inchangé pendant un certain temps encore. Avoir cinquante pour cent de femmes n'est pas rare dans les classes de débutants. Malheureusement ce chiffre diminue continuellement par la suite. Je pense qu’il y a de diverses raisons à cela, mais je suis néanmoins convaincue que nous les femmes devons trouver le courage de faire entendre notre voix et de montrer notre compréhension de l’Aïkido. Je suis heureuse de pouvoir partager mon expérience au sein du Ryu Seki Kai.

Ursula Schaffner, 4e Dan Fukushidoin