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A l'approche des examens, une certaine excitation s'empare des pratiquants. Et c'est bien normal.
Le grade est le lien visible de la relation d'un enseignant avec son élève. C'est aussi l'acceptation mutuelle de ce lien. Etablir cette relation se dit au Japon NYU MON, Nyu avec le sens IRI dans Irimi, entrer, Mon, la porte. Franchir la porte.
L'aïkido est en constante évolution, nous sommes en constante évolution, et l'enseignement consiste à favoriser cette évolution de façon à mettre en valeur les qualités de chacun. Cela peut paraître antinomique de dire que nous étudions un art martial traditionel, que nous essayons de rester au plus près de cette tradition, et que cet art est en constante évolution. Après quelques années de pratique, vous en conviendrez: l'aïkido échappe à toute analyse cartésienne.
Sensei Chiba a récemment dit que:
l'aïkido n'est pas de l'auto-défense, mais de l'auto-découverte.
Partant de cela, allez à la découverte des aspects les plus cachés de votre personnalité.
La relation enseignant-élève est complexe. Elle se situe à plusieurs niveaux, comme l'étude du sabre. Le niveau SHO DEN, la base, consiste à suivre assiduement les cours pour progresser, sans arrière-pensée. Chacun fait tout ce qu'il peut afin que le dialogue soit fructueux. Puis vient le temps d'un bilan intermédiaire, l'examen. A ce moment, l'élève réfléchit à ses progrès, et décide ou non de se présenter. Ce serait une erreur que de demander un pré-jugement à l'enseignant, car alors cela démontrerait un manque de confiance en ses propres capacités.
Il ne faut être ni trop modeste, ni trop présomptueux.
L'examen se situe au niveau CHU DEN, niveau avancé. La relation est intense et doit être empreinte de confiance, aussi bien de la part de l'enseignant que de l'élève.
OKU DEN, travail profond, est l'instant du résultat de l'examen. Qu'il soit réussi ou pas, un examen est toujours une expérience forte, et renforce le lien. Ou le rompt !
Lors de l'examen, plusieurs critères sont pris en compte. Tout d'abord, SHISEI, que l'on peut traduire par attitude, puis KOKYU, la respiration, qui doit être maîtrisée en fonction de l'effort fourni, KAMAE, se mettre en garde, et conserver une bonne garde durant la pratique. MA AI, élément important s'il en est, puisqu'il s'agit de la distance maîtrisée pour le combat, la relation spaciale entre les deux partenaires. (Consultez le livre de Sensei Tamura ainsi que les Ecrits sur les cinq roues, de M. Musashi).
Si ces quatre éléments sont, sinon maîtrisés, au moins présents dans votre travail, vous pouvez aborder l'examen en confiance.
Puis la connaissance des techniques et enfin la résistance physique.
La réussite ou non d'un examen se joue avant, par la préparation physique et mentale, puis dans les premiers instants de l'affrontement, qui sont décisifs sur l'issue du combat. De même que l'on choie son sabre, on prend soin de son corps. Le sabre est ainsi fait que l'on n'utilise que l'extrémité, appelée MONOUCHI, pour trancher. Le corps du sabre, c'est-à-dire la partie qui va de la TSUKA au MONOUCHI, n'est utile que parce qu'il prolonge les bras et permet de trancher. Réfléchissez à cela et attribuez aux choses l'importance qu'elles méritent d'avoir.
N'hésitez pas à demander conseil aux élèves plus avancés, ils partageront volontiers leurs expériences avec vous.
Daniel Brunner, 6e Dan Shihan Mars 2003
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